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Qu’est-ce que le sRGB ?

juillet 2007, par Daniel Metz

 

Le sRGB décrit un espace colorimétrique. Il a été proposé dès 1995 par Hewlett-Packard et Microsoft comme une norme représentative des couleurs reproductibles sur les écrans "grand public" utilisés en informatique, photo, vidéo ou téléphonie. C’est une alternative efficace à l’utilisation des profils ICC.

Alors que le RVB est ce qu’on nomme un modèle colorimétrique ( une famille d’espace colorimétrique fondée sur le même principe), le sRGB est un espace colorimétrique bien défini, un profil couleur si vous préférez. Mais le sRGB ne correspond pas au profil d’une machine, ni d’un appareil, ni d’un périphérique. C’est un profil virtuel qui est sensé représenter la moyenne des écrans LCD.

Fig. 1. Si le grand public ne s’occupe pas des normes sRGB, les professionnels qui recherchent de la précision dans la reproduction des images s’appuient sur des paramètres normalisés.

Historiquement, il a été utilisé comme standard de télévision et a été repris par Hewlett-Packard et Microsoft pour normaliser le modèle RVB. Alors qu’il existe d’autres normes pour les professionnels des industries graphiques et de la photo, le sRGB est une norme qui tend à reproduire les conditions d’utilisation du grand public

Le standard sRGB propose que tous les écrans informatiques adoptent ce profil colorimétrique et propose en amont de produire des images adaptées à cette norme.

Cette restriction de la liberté quant au contenu colorimétrique des images a un très gros avantage : elle permet de se passer tout simplement de la gestion des couleurs. Il n’y a plus de profil couleur, mais UN profil couleur : le sRGB et on peut oublier son existence.

La norme est relativement bien suivie, la plupart des écrans plats actuels essayent de s’en rapprocher. Mais ce n’est pas toujours évident, car la majorité des dalles entrée de gamme et milieu de gamme n’ont pas un gamut suffisant pour reproduire entièrement le sRGB. Les écrans qui restent assez éloignés de la norme sRGB comme les anciens moniteurs à tube cathodique sont facilement corrigés avec les cartes graphiques. La totalité des appareils photo numériques offre le sRGB comme profil par défaut et les tirages photo se font presque exclusivement depuis cet espace sRGB. Pour toutes ces raisons, on considère que tout fichier image qui ne possède pas un profil couleur intégré est à priori à visualiser sous le profil sRGB.

Le gamma du sRGB

Fig. 2. C’est surtout le gamma spécifique de 2,2 qui caractérise le sRGB. A l’époque de la vidéo analogique, il était très difficile de tenir compte de la zone terminale de la courbe qui fut alors remplacée par un segment de ligne droite.

Avec une courbe de gamma 2,2 classique ( à gauche de la figure 2) les anciens systèmes vidéo analogiques écrasaient les dernières valeurs dans le noir. Pour remédier à cet inconvénient, la courbe subit une légère adaptation en remplaçant la partie terminale de la courbe exponentielle par une section de droite. La partie exponentielle ayant alors un gamma de 2,4 et la droite un gamma de 1, ce qui donne un gamma global proche de 2,2.

Il existe des profils sRGB qui appliquent un véritable gamma 2,2. On nomme ces profils "simplified sRGB".

le gamut du srgb est-il trop petit ?

Beaucoup de photographes préfèrent utiliser l’Adobe RGB, car ils ont lu que ce dernier profil avait un gamut plus large et pouvait donc contenir plus de couleurs. Il faut savoir que pour le photographe (à part applications particulières) un gamut plus largue que le srgb n’apporte pas grand-chose puisque 95 % des images capturées avec un apn se définissent dans un gamut inférieur au sRGB (quel que soit le profil choisi dans l’Apn) et particulièrement les portraits et les paysages. Seules les couleurs provenant de colorants industriels comme les tissus, les plastiques aux couleurs très saturées risquent d’être tronquées.

Si on récupère un cliché en JPEG, on aura l’illusion que le sRGB est trop petit, car l’histogramme déborde la plupart du temps. Les apn ont pris en effet l’habitude d’optimiser les images en saturation pour un rendu plus flatteur qui plait au grand public. Mais de telles images ne reflètent pas les couleurs réelles et seul le RAW s’approchera de la réalité.

Et ne pas oublier que le fait d’adopter un profil plus large que le sRGB implique d’abord la maîtrise de la gestion des couleurs et surtout d’avoir un écran capable d’afficher les couleurs décrites dans ce profil couleur.

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